Pourtant, vendredi soir avait été très calme. Un dîner avec Tof dans un bon restaurant, tatin de sole et fondant au chocolat au menu, un régal. J’hésitais à sortir samedi : Tof me proposait une fête chez lui, et Mlle Aurèle mixait au Tango. Toujours un peu déprimé de la rupture avec Mister Mousse, j’étais tenté de ne rien faire, surtout avec le spectre de l’agitation populaire causée par la nuit blanche. Finalement, le fait que la soirée chez Tof était habillée m’a convaincu. J’ai filé chez Celio Club samedi midi, emmerdé le vendeur très mignon mais pas inventeur de poudre à canon pour obtenir une chemise à ma taille, qui me plaît et à bouton de manchettes. Je suis ressorti avec un beau modèle blanc, pointes de col longues, boutons noirs, taille ajustée, et une cravate violette, ma couleur fétiche. J’ai aussi dégoté une jolie montre assez classique chez Swatch, pour 80 euros « seulement » – je pensais que cette marque était plus chère. J’en ai profité pour acheter quelques livres au virgin – une comédie de mœurs au ton très cru dont j’ai oublié le nom, et Teleny d’Oscar Wilde.
Je rentre chez moi, mange un morceau, me fais beau, et je pars au ciné où je retrouve Mister Mousse dans un élan sans doute un peu masochiste, mais on ne se défait pas comme ça de plus de six mois d’habitudes. À sa demande, nous avons vu la comédie la plus conne de l’année, à savoir La proposition. Je passe sur le fait qu’ils n’ont pas su traduire le titre – The Proposal, c’est-à-dire la demande en mariage – le film est affligeant. Sandra Bullock a l’air refaite de partout, le scénario tient sur un post-it de petite taille, et ils savaient tellement qu’ils faisaient un film de merde qu’ils y ont mis des gags dignes de Mister Bean. Heureusement, le faux fiancé de Bullock est trèèèèèès mignon et apparaît quasiment nu, c’est une belle consolation !
Après le film, apéro avec Mister Mousse, nos soirées respectives ne commençant qu’à 22h passé. Un cocktail à l’amazonial – hum c’est bon, ça monte bien à la tête - deux cocktails à l’amazonial – non je vais pas en prendre un troisième ? – trois cocktails à l’amazonial - là c’est bon je suis parti pour la soirée - et on part chez Tof, où son colloc’ n’a pas arrêté de me resservir des vodka-something bien dosés. Je crois me rappeler que j’ai dansé comme une salope. J’ai dragué tout ce qui avait l’air gay (majorité hétéro quand même, mais bon les filles déjà ça se trie vite !) et mignon. Je me suis fait dragué par l’un de mes tous premiers petits copains, que je n’avais pas revu depuis genre 6 ans. Je suis reparti avec un pti blond gaulé comme un dieu vers les 1h45 du matin, miraculeusement je ne me suis pas pété la gueule même dans son escalier sur cinq étages.
Après quelques jambes envoyées en l’air (entre autres), j’ai cru que j’allais être malade. Gentiment, il m’a dit que je pouvais aller vomir, que ça le choquerait pas. Mais non, j’ai tenu, malgré la tête qui tournait et le sentiment de trop plein, je me suis endormi sereinement. Et je me suis réveillé, comme toujours dans ces circonstances, sans le moindre mal de tête, mais avec ces aigreurs d’estomac qui rendent urgente la prise d’un petit-déjeuner.
Apparemment, hier après-midi, j’avais encore des traces de fatigue (tu m’étonnes) que ma mère et mes grand-parents n’ont pas manqué de remarquer. J’ai fini la journée en prenant un verre avec Sedigeek (qui passera par ici j’en suis sûr) sur les Champs-Elysées, parce que c’était pratique géographiquement, mais non, plus jamais ça, j’ai dû me montrer détestable avec l’hôtesse d’accueil qui ne « prend pas les commandes » pour obtenir qu’on daigne nous demander ce qu’on souhaitait boire – je pense que le « Et bien envoyez-nous quelqu’un pour la prendre » a été assez cinglant ! Hier soir dodo à 22 heures… jusqu’à 8h30

